Chére Mamie

J’avais commencé à t’écrire une lettre le jour où Maman m’a annoncé que tu étais en train de mourir puis le temps à passer et ma lettre s’est fanée.
Aujourd’hui, il est trop tard pour te dire ce que je ressens et pourtant, je garde l’espoir indécent que mes mots parviendront jusqu’à toi.

Je n’ai pas toujours été trés tendre avec toi, je me souviens du jour où je t’avais fait pleurer parce que je t’avais dit que tu étais trop collante avec nous… Excuse moi, je devais avoir 12 ou 13 ans et à cet âge-là, on ne pense pas ce qu’on dit… Parce que si tu savais à quel point je t’ai aimé et à quel point je t’aime et je t’aimerais toujours.
C’est con à dire, mais j’ai toujours cru que Mémé partirait avant toi (et je m’en veux de penser çà) , depuis tout petits, on est conditionnés à ce qu’elle parte car elle est trés trés malade… Toi, tu m’as toujours paru indestructible, la grand-mére que rien ne touche ni n’atteind, celle qui faisait son petit footing jusqu’au tas de cailloux, celle qui était toujours en pleine forme, toujours souriante, toujours prête à nous caliner et à nous donner tout cet amour, un amour fort, un amour géant, un amour vivifiant.
Des tas de souvenirs me reviennent à l’esprit en ce moment-même…
Ta tarte au libouli…
Ta soupe au poireaux…
Le marchand de pain qu’on faisait chier et dont le nom m’échappe à cet instant… Il faut dire que mon esprit est envahit de larmes… De larmes acides qui piquent mes n’oeils et me font pleurer.
J’aimais mes vacances chez toi avec Aline, c’étaient les plus belles vacances du monde. Ta petite maison, le grand jardin de papi (où on chipait de la ciboulette!) , la forêt, la riviére… le pont où on a du passer des heures et des heures et des heures.
Les soirées Scrabble avec Delépine (et là théorie de Jean-Noël selon laquelle, il avait perdu des doigts parce qu’il trichait… il est con, le frangin!).
Le carton de jouets et la poupée qui péte…
Les plus beaux souvenirs de mon enfance, tu peux me croire…
C’est complétement décousue ce que j’essaie de te dire…
Complétement tordue alors que l’essentiel se résume à « Tu vas me manquer ».
Je sais que c’est con car çà faisait des lustres que je n’étais pas venu te voir, que j’aurais du revenir avant, que c’était déjà trop tard et je m’en veux tellement grand… si tu savais… Tellement.
Mais soit en sûre, Tu vas me manquer!

Je t’aime…

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12 comments

  1. fleur de bitume says:

    j’avais écrit un poème quand ma grand mère est partie,
    je comprends très bien ce que tu ressens
    alors je pense beaucoup à toi
    dans ces moments difficiles
    courage princesse
    elle reste présente en pensée

  2. Leonor says:

    Connaître ses grands-parents sur un quart de siècle, c’est tisser des liens inextinguibles, d’autant que la relation est semble-t-il plus belle, plus profonde et plus enrichissante que jamais à l’âge adulte. Parce que justement ils ont fait ce que nous sommes à l’âge adulte.

    Le sentiment de vide ne s’estompe jamais vraiment; tous les ans j’écris une lettre à mon défunt grand-père. J’aurais aimé qu’il connaisse l’adulte que je suis aujourd’hui. Je suis sûre qu’on se serait bien éclatés en plus, à bouffer des glaces au speculoos et à bidouiller Windows 3.1 sur son brontosaure d’ordi.

    Garde précieusement toutes les petites choses. :)

    Courage!

  3. MarieShani Pinkfear says:

    On a tous une mamy au fond de l’âme qui sent bon les câlins, notre petite main dans la sienne, moi je me plongeais dans ses grands yeux turquoise, quant tout allait mal, elle me manque à chaque instant de ma vie…

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